Mon recrutement raté chez Ingeus Partie 3/4

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La demi-heure de vérité pouvait donc commencer.
35 minutes chronomètre déclenché dans mon cas personnel.
Relater un entretien n’est pas la chose la plus facile.
Se faire une idée précise aurait demandé que je me mette en ligne le mp3
de l’entretien.

Mais enregistrer les gens sans les en avertir n’est pas
une pratique correcte, ce qui suffit à ce que je ne la pratique pas. Ou rarement.

Je rappelle aussi que le but de cette série d’articles n’est pas tant
mon cas personnel, que de témoigner du comment du recrutement d’un
manager pour une entreprise que M Devedjian qualifiait “d’expérience
pilote ” sur le plateau de Christine Ockrent, en réponse à une question
du premier secrétaire de Force Ouvrière.

Pour ne pas faire dans le candidat pleurnichard qui vient se plaindre de
ne pas être pris et crache dans la soupe de ce qu’il adorait la veille,
disons le simplement : j’ai été très mauvais et la conclusion logique de
cette demi-heure devait être mon élimination. Je peux donc relater ce
récit sans aucun grief envers Ingeus.

L’entretien commença de façon fort courtoise, la responsable du
développement remarquant immédiatement le sac Fauchon et me demanda si
j’avais bien pu y faire mes courses. Je lui répondis que me moyens
financiers ne me le permettaient guère mais que devant l’insistance de
sa psychologue a vouloir savoir ce que manger un citron me faisait, je
tenais à lui faire ce petit clin d’oeil. De plus, le cirque Amar ne
m’avait pas permis de faire déplacer un éléphant devant les locaux pour
cet
après midi, je m’étais donc rabattu sur le citron .

La création de climat étant opérée, l’entretien se déroula en deux
parties de quinze minutes environ.
la première partie menée par le seul responsable britannique en anglais,
le dernier quart d’heure en français dirigé principalement par M.
Tauzin.

“why Ingeus ? “
du très classique quoi.
Je répondis qu’il y a un an je n’avais jamais entendu parler d’Ingeus.

Que ce qui m’avait amené à me présenter c’était d’abord une annonce dans
la presse.
Et qu’ensuite je me suis documenté : Petit rappel du parcours du fondateur australien, parcours qui a tout
pour me plaire. Et d’expliquer pourquoi c’est dans cet esprit “start-up” qu’ingeus mettait en avance dans son annonce que je me reconnaissais.

Je connais les structures dans lesquelles je sais être efficace.

Mais ce qui me poussait à être là peut se résumer à une phrase : le
succès des 6000 personnes qui ont été “confiées ” à Ingeus et plus
particulièrement celui des personnes qui seront confiées à mon centre.

Puis je fus invité à relater mon parcours professionnel.
La aussi du grand classique.
Sans doute pour lui permettre de prendre connaissance de mon cv, celui
ci étant en français.

Surprise du responsable, c’est la première fois que je vois quelqu’un
travaillant dans le business de l’informatique (au sens large lui
aurais-je fait remarqué- on n’est pas informaticien quand on sait utiliser Word) s’intéresser à l’emploi.

Une question aussi “pourquoi un indépendant veut il redevenir simple
salarié ” ?

Je n’ai pas su développer comme je l’aurais aimé la notion de “simple
salarié “. Mais c’est une question que pas mal d’indés rencontrent. On pourrait
développer la question et ce qu’il y à derrière.

Bref, un premier quart d’heure trop moyen, pas capable de montrer mon
originalité.
Une redite du cv en anglais pour permettre au responsable d’en savoir un
peu plus.
Classique, chiant. Pour tout le monde je pense.

Restait un quart d’heure !

La responsable du développement se rapprocha du responsable britannique
pour lui traduire tout ce que je serai à même de dire. S’en suit un
dialogue fait de phrases coupées, faut quand même laisser le temps à une
traductrice de suivre la conversation. Le quart d’heure se réduirait
encore dans des proportions significatives si on à´tait le temps pris par
la traduction. Un bon dix minutes d’utile. Difficile quand même de faire
plus court !

Les questions en vrac qui me furent posées :

C’est quoi manager ?

De quoi êtes vous le plus fier dans votre vie ?

Vos trois défauts/trois qualités

Avez vous autre chose à ajouter .

Pardon si ma mémoire (l’éléphant peut avoir ses limites) me trompe.

J’étais en fait assez désorienté d’avoir passé la moitié de mon temps
pour rien selon moi, à savoir redire le cv.
Je voulais donc faire passer une chose dans le peu de temps qui m’était
encore imparti :

1) manager des conseillers c’est quoi

Je ne suis pas candidat pour manager des vendeurs de saucisses.
Je parle de conseillers emplois.
D’abord le manager doit avoir une autorité de compétences.
Tout ce que fait un conseiller, il doit non seulement savoir le faire,
mais savoir le faire mieux.
C’est un soutien, une force sur laquelle l’équipe doit pouvoir
s’appuyer.
Un manager c’est aussi un contrôleur. Savoir qui fait quoi, comment il le
fait, et surtout comment il peut mieux faire encore.
Un MOTIVATEUR quoi.

2) Le business du retour à l’emploi c’est quoi .

Et oui, on va parler méthodologie.
Je considère qu’un cabinet ce sont deux choses : sa méthodologie et les
hommes qui la mettent en application.
J’ai donc détaillé ce que je savais des techniques de recherche
d’emploi, les TRE.
Théorique sans doute.
Surtout quand j’ai tenu à la mettre en face de la réalité du bassin
lillois.
Taux de réussite des cellules de reclassement, avec différents exemples
locaux.
Nature des postes offerts ( cd, % cdi)
Bref, c’est pas gagné d’avance le reclassement des 3000 lillois.
Va falloir sortir autre chose qu’un atelier cv et le partage des annonces ANPE.
J’insiste sur l’aspect méthodologie car je suis curieux de savoir
comment on peut faire mieux que toutes le structures – privées et
publiques – qui travaillent sur le dossier depuis des années.
Je peux donner quelques pistes…

L’entretien se termina donc avec plusieurs regards aux montres, le
planning étant serré et il restait un candidat après moi.

Je quittais donc Paris en serrant les dernières mains de toute l’équipe
que j’avais rencontré, de ma psychologue toute surprise de ce voir
remettre son “prix citron”, chacun y voyant les connotations qu’il veut.

La réponse définitive tomba le lendemain matin vers 10H de la bouche du
DRH.

non, je n’avais été retenu, le matin je tenais la cote mais l’après
midi, non, c’est pas à§a…

Le drh ne m’ayant pas lui même eu en entretien, il ne savait donc pas
exactement ce qui s’était passé, mais il semblait que j’avais été trop
“théorique “. Je lui demandais s’il voulait bien me communiquer le nom
des personnes retenues, ce qu’il fit, et je terminais cet entretien en
lui disant que conformément à ma lettre de motivation et à tout ce que
j’avais exprimé je maintenais ma candidature pour le poste de
conseiller.

“Excellente démarche me dit il, une opportunité peut toujours se
présenter par la suite,en travaillant dans la maison on acquiert de l’expérience, j’en prend bonne note, on se tient au courant.
on se rappelle “.

30 minutes, une dizaine de questions, aucune ne portant sur la
problématique du retour à l’emploi, aucun approfondissement sur les
difficultés du bassin local d’emploi, sur la capacité d’un manager à
faire preuve de son savoir faire dans tous les aspects du travail qu’on
demande à un conseiller. J’aurais aimé pouvoir témoigner de la façon
dont les conseillers ont été recrutés, mais ce ne fut hélas pas
possible. A bon entendeur salut !

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